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Madère à voir : les plus beaux paysages et villages de l’île

Madère à voir : les plus beaux paysages et villages de l’île

Madère à voir : les plus beaux paysages et villages de l’île

Il est des îles qui ne se laissent pas apprivoiser d’un simple regard. Madère est de celles-là. Dressée au milieu de l’océan Atlantique comme un jardin volcanique aux mille nuances, elle a cette puissance sauvage que l’on ne rencontre que dans les lieux façonnés à la fois par les éléments et le temps. En posant le pied sur cette terre portugaise, j’ai aussitôt senti que chaque sentier offrait une promesse — celle d’une rencontre avec l’essentiel. Entre montagnes escarpées, villages suspendus et forêts enchantées, je vous embarque pour un voyage entre ciel, mer et silence vibrant.

Funchal, entre charme colonial et jardins suspendus

Capitale vibrante et portail d’entrée sur l’île, Funchal est bien plus qu’un simple point de chute pratique. Imaginez des ruelles pavées où flotte le parfum sucré des figues et de la maracuja, des façades blanches ourlées d’azulejos, et la silhouette élégante d’un téléphérique virevoltant au-dessus des toits rouges pour filer vers les hauteurs du Monte. Funchal est un instant suspendu entre passé et modernité.

Perdez-vous dans le marché dos Lavradores, où les étals débordent de fruits exotiques dont vous ignoriez jusqu’à l’existence. Entrez dans une petite bodeguita et goûtez à la poncha servie avec un sourire franc – un breuvage typique à base de rhum de canne, de miel et de jus de citron. Et lorsque le soleil commence à décliner, grimpez vers les jardins botaniques du Monte. Là-haut, c’est un festival de couleurs, comme si chaque plante voulait raconter une histoire venue d’ailleurs.

Levadás et sentiers : marcher dans le souffle de l’île

À Madère, la marche prend une toute autre dimension. Les levadás, ces canaux d’irrigation datant du XVIe siècle, s’étirent sur plus de 2000 kilomètres et dessinent un réseau de sentiers aussi utiles que poétiques. Marcher le long d’une levada, c’est suivre le fil invisible de l’eau et entrer dans une forêt de brume où le silence est seulement rompu par le chant d’un chardonneret ou le bruissement de fougères géantes.

Parmi les plus inoubliables ? La Levada do Caldeirão Verde, serpentant à flanc de montagne à travers une végétation luxuriante, avec en point d’orgue une cascade vertigineuse tombant dans un bassin d’un vert profond. Ou encore la Levada das 25 Fontes : un sentier féérique ponctué de ruisseaux chantants, de tunnels creusés dans la roche et, à l’arrivée, une clairière nimbée de chants d’oiseaux et de lueurs changeantes.

À ceux qui aiment les vues spectaculaires, je recommande le Pico do Arieiro au Pico Ruivo : une randonnée de crête, au-dessus de la mer de nuages, où l’on marche littéralement entre ciel et terre. Pensez à prendre une polaire — à 1800 mètres d’altitude, même le soleil a besoin d’un peu de courage pour réchauffer l’air.

Les villages : éclats d’âme et traditions ancrées

Madère ne serait pas la même sans ses villages perchés, ces petits fragments d’âme dispersés entre mer et montagne. À chaque détour d’épingle, un nouveau tableau. Des maisons blanchies à la chaux, des jardins en terrasses, la mer en toile de fond. Les villages ici racontent la ténacité des hommes face aux caprices du relief.

Mon coup de cœur ? Curral das Freiras, le « repaire des nonnes », niché dans un cirque montagneux vertigineux. Un hameau quasi coupé du monde, lové dans une vallée mystérieuse, où les traditions religieuses se mêlent à un silence profond. On y goûte un gâteau aux châtaignes dont je me souviens encore du goût, délicatement fumé, presque boisé.

Un peu plus à l’ouest, São Vicente vous charmera avec ses ruelles tranquilles et son église blanche bordée d’un tapis de rocailles volcaniques. Ne manquez pas d’y visiter les Grutas — grottes volcaniques souterraines, pour comprendre la genèse tumultueuse de cette île forgée par le feu.

Et puis il y a Santana et ses maisons traditionnelles au toit de chaume, rouges, bleues et blanches — comme sorties d’un conte. C’est ici que l’île semble revenir à l’enfance des mondes, lorsque tout était plus simple, plus coloré, plus vrai.

Falaises et points de vue à couper le souffle

À Madère, la terre ne se contente pas de toucher la mer : elle s’y fracasse avec théâtralité. Les falaises sont partout, et leurs points de vue ont souvent le goût d’éternité.

Le plus impressionnant ? Cabo Girão. Une falaise de 580 mètres, l’une des plus hautes d’Europe, équipée d’une plateforme en verre suspendue au-dessus du vide. Avancer prudemment (ou vaillamment !) sur ce sol transparent procure un frisson inoubliable — celui de sentir le vent et la gravité danser ensemble sous vos pieds.

Pour un moment plus intime, montez jusqu’au Miradouro da Ponta do Rosto, sur la pointe est de l’île. À l’aube, quand la lumière glisse doucement sur les reliefs arides et que les oiseaux de mer s’élèvent en silence, le monde semble s’assoupir dans votre regard.

Nature luxuriante et forêts primitives

Madère est une boule de mousse verdoyante flottant sur l’Atlantique. Une île où la nature a repris ses droits avec panache. La forêt de Laurisilva, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, est un joyau qui résume à elle seule l’âme végétale de Madère.

Ici, les arbres sont recouverts d’un lichen duveteux, et les troncs torsadés semblent raconter des secrets à ceux qui s’y attardent. Par temps de brouillard, l’air devient cotonneux, presque surnaturel — et l’on se plaît à croire aux esprits anciens qui veillent sur les lieux. Préparez de bonnes chaussures et une lampe frontale pour vous aventurer dans ces bois anciens, car ce n’est pas tant une promenade qu’un voyage à travers le temps.

Plaisirs de la mer et ports de carte postale

À Madère, la mer n’est jamais loin. Elle entoure, protège, impose parfois. On ne s’y baigne pas toujours facilement — l’île étant bordée de falaises — mais quand c’est possible, l’expérience est unique.

À Porto Moniz, sur la côte nord, les piscines naturelles creusées dans la roche volcanique offrent des bains de mer en toute sécurité… et avec une vue fabuleuse sur la houle qui frappe le rivage. Idéal après une longue randonnée.

Sur la côte sud, Câmara de Lobos, ancien village de pêcheurs immortalisé par Churchill, est un bijou aux barques colorées et aux ruelles vivantes. On y déguste du poisson sabre à la banane – étrange mariage, direz-vous, mais terriblement savoureux — avec un verre de vin de Madère à la main. Et tout autour, des rires, les filets qui sèchent, la lumière qui s’étire.

Quelques conseils pour explorer Madère en douceur

Madère offre ce genre de voyage qui ne cherche pas l’extravagance mais plutôt l’essentiel. Un sentier bordé de mimosas, un village perdu dans le brouillard, le chant du vent dans la forêt, une lueur douce sur les flots… Ici, on n’attrape pas le spectaculaire, c’est lui qui vient vous cueillir, au détour d’un matin.

Alors, prêts à embarquer ?

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