Rome a cette façon étrange de vous accueillir : un parfum de café brûlant au petit matin, le cliquetis des tasses en porcelaine, les scooters qui filent déjà, et cette lumière dorée qui lèche les façades ocres. Trois jours à Rome, c’est peu et pourtant suffisant pour tomber amoureux. L’idée n’est pas de tout voir, mais de bien vivre ce que vous voyez. Je vous emmène ?
Quand partir et comment s’organiser pour 3 jours à Rome
Pour un week-end prolongé, Rome se savoure particulièrement au printemps (avril-mai) et en automne (septembre-octobre). Les températures sont douces, les foules un peu moins denses et la ville semble respirer plus lentement. L’été, la chaleur peut être écrasante, surtout en pleine journée, mais si vous êtes du matin ou du soir, tout reste possible.
Côté organisation, choisissez un hébergement central : près du Panthéon, de Campo de’ Fiori, de Trastevere ou autour de la Piazza Navona. Vous pourrez ainsi parcourir une grande partie de la ville à pied, ce qui est, à mes yeux, la meilleure manière de sentir battre son cœur.
Pour vous déplacer :
- À pied : idéal pour le centre historique, vous traverserez des ruelles qui n’apparaissent sur aucun guide.
- Bus et tram : pratiques pour rejoindre le Vatican ou le quartier de Testaccio. Les tickets s’achètent dans les tabacchi (tabacs).
- Metro : limité mais utile, notamment pour le Colisée (ligne B) et la Cité du Vatican (ligne A, arrêt Ottaviano).
Maintenant, place au voyage : voici un itinéraire pensé pour trois jours à Rome, alternant icônes incontournables et douceurs moins connues.
Jour 1 : Plonger dans le cœur historique de Rome
Votre premier jour sera dédié au centre historique, là où chaque coin de rue semble sorti d’un décor de cinéma.
Matin : Panthéon, Piazza Navona et Campo de’ Fiori
Commencez tôt, quand la ville s’éveille encore à moitié.
- Café Sant’Eustachio (près du Panthéon) : arrêtez-vous pour un espresso al banco, debout au comptoir, comme les Romains. Leur café est célèbre pour sa mousse dense et son arôme profond.
- Le Panthéon : entrez dans ce temple vieux de près de 2000 ans et levez la tête vers l’oculus. La lumière qui tombe du ciel comme un projecteur donne au lieu une atmosphère sacrée, même au milieu des touristes.
- Piazza Navona : ancienne piste de course romaine, aujourd’hui théâtre à ciel ouvert. Prenez le temps d’observer la Fontaine des Quatre-Fleuves de Bernini et les peintres qui installent leurs toiles.
- Campo de’ Fiori : le matin, le marché bat son plein. Des étals de fleurs, de fromages, de légumes, et parfois quelques attrape-touristes. Allez-y surtout pour l’ambiance, les couleurs, et l’odeur des tomates bien mûres.
Déjeuner : une trattoria simple et savoureuse
Aux abords de Campo de’ Fiori, fuyez les cartes traduites en dix langues et cherchez les petites adresses à la devanture discrète.
- Osteria da Fortunata (dans une rue adjacente) : vous verrez parfois les pâtes fraîches être préparées à la main derrière la vitre. Goûtez aux tonnarelli cacio e pepe, ce plat simple et magistral de pecorino et de poivre.
Après-midi : fontaines, escaliers et premiers panoramas
- Fontaine de Trevi : oui, c’est touristique. Oui, il y a foule. Mais il y a aussi ce grondement de l’eau, ce marbre sculpté, ce rituel de jeter une pièce. Essayez d’y aller en début d’après-midi ou en soirée pour une ambiance différente.
- Place d’Espagne et escaliers de la Trinità dei Monti : montez les marches tranquillement, asseyez-vous un instant, regardez les promeneurs en contrebas. Rome, c’est aussi ça : s’autoriser à ne rien faire.
- Villa Borghese : à quelques minutes à pied, ce grand parc est un havre de paix. Louez un vélo, flânez autour du lac, ou étendez-vous simplement dans l’herbe si le temps s’y prête.
Soir : apéritif et dîner dans le centre
- Aperitivo près de Piazza Navona : de nombreux bars proposent un verre accompagné de petites bouchées. Cherchez les adresses un peu en retrait de la place pour plus de tranquillité.
- Dîner chez Enoteca Corsi (entre Panthéon et Piazza Venezia) : atmosphère de cantine familiale, spécialités romaines simples et vins au verre bien choisis.
En fin de journée, remontez vers la fontaine de Trevi ou le Panthéon : la nuit, les monuments semblent soudain plus intimes.
Jour 2 : Du Vatican aux ruelles de Trastevere
Votre deuxième jour sera placé sous le signe de l’art, de la spiritualité… et d’un quartier où il fait bon se perdre.
Matin : Vatican et chapelle Sixtine
Réservez vos billets à l’avance pour les Musées du Vatican afin d’éviter les files infinies.
- Musées du Vatican : un dédale de galeries, de sculptures, de cartes anciennes, de plafonds peints. Avancez à votre rythme, quitte à ne pas tout voir. L’important est de ressentir, pas de cocher des cases.
- Chapelle Sixtine : malgré le monde, laissez vos yeux grimper jusqu’aux fresques de Michel-Ange. Il y a ce moment suspendu où l’on oublie presque la foule, happé par ces scènes peintes il y a cinq siècles.
- Basilique Saint-Pierre : l’une des plus grandes églises du monde, vertigineuse de grandeur. Pour les courageux, la montée jusqu’à la coupole offre un panorama incroyable sur Rome.
Déjeuner : simple et rapide autour du Vatican
- Pastasciutta (près de la place Saint-Pierre) : petite adresse sans prétention qui sert des pâtes à emporter ou à manger sur place. Idéal quand on veut garder du temps pour la suite.
Après-midi : traverser le Tibre vers Trastevere
Quittez le Vatican à pied, traversez le Tibre par l’un des ponts et rejoignez Trastevere, ce quartier aux pavés irréguliers et aux façades couvertes de lierre.
- Basilique Santa Maria in Trastevere : un joyau. Entrez vous abriter sous ses mosaïques dorées, prenez quelques minutes au frais, sur un banc de bois, loin du tumulte extérieur.
- Flânez dans les ruelles : les fils à linge tendus entre les fenêtres, les volets colorés, les petits autels de rue. C’est ici que Rome offre l’un de ses visages les plus chaleureux.
Pause sucrée : gelato obligatoire
- Gelateria Fatamorgana ou Gelateria del Viale : des glaces artisanales, souvent avec des parfums originaux. Un sorbet citron-basilic sous le soleil de l’après-midi, et vous comprendrez pourquoi on revient toujours à Rome.
Soir : dîner dans Trastevere
Trastevere s’anime particulièrement à la nuit tombée. Les terrasses se remplissent, les voix montent, les rires aussi.
- Da Enzo al 29 : petite trattoria très prisée, réservation vivement conseillée. Goûtez à l’amatriciana ou à la carbonara, véritables institutions romaines.
- Osteria der Belli : une autre adresse conviviale, avec une belle carte de spécialités locales.
Après le dîner, laissez-vous guider par vos pas. Installez-vous sur la place Santa Maria in Trastevere, observez les musiciens de rue, écoutez la ville vivre.
Jour 3 : Colisée, Forum et quartiers moins connus
Pour ce troisième jour, on mélange les grands symboles de Rome antique et des quartiers au charme plus discret, loin des foules compactes.
Matin : Colisée et Forum romain
Réservez également votre billet à l’avance pour le Colisée, idéalement avec un créneau horaire le matin.
- Colisée : difficile de rester indifférent devant cette immense ellipse de pierre. Essayez d’imaginer les rugissements de la foule, le sable de l’arène, les gladiateurs… Le lieu raconte une histoire brutale, mais fascinante.
- Forum romain et Palatin : promenez-vous entre les ruines de temples, d’anciens marchés, de colonnes brisées. Depuis la colline du Palatin, la vue sur le Forum et les toits de Rome est l’une de mes préférées.
Déjeuner : cuisine romaine dans Monti
Remontez vers le quartier de Monti, un peu bohème, très agréable pour faire une pause.
- La Taverna dei Fori Imperiali : atmosphère chaleureuse, plats traditionnels revisités avec soin.
- Ou un petit panino dans une salumeria du quartier, à emporter pour continuer la balade.
Après-midi : Monti, Testaccio ou Aventin
Selon vos envies, vous pouvez :
- Explorer Monti : petites boutiques de créateurs, friperies, cafés intimistes. Un quartier idéal pour ramener un souvenir différent des magnets classiques.
- Découvrir Testaccio : ancien quartier populaire, aujourd’hui réputé pour sa gastronomie. Le marché couvert de Testaccio regorge de stands de produits frais, de street food, de vins.
- Gravir la colline de l’Aventin : un de mes coins favoris. Le Jardin des Orangers offre une vue paisible sur la ville. Et, un peu plus loin, le célèbre « trou de serrure » de la Piazza dei Cavalieri di Malta cadre parfaitement la coupole de Saint-Pierre. Un petit secret qui n’en est plus vraiment un, mais qui conserve sa magie.
Soir : dernier dîner romain
Pour votre dernier soir, choisissez un endroit qui reflète votre séjour : animé, romantique, typique… ou tout à la fois.
- Flavio al Velavevodetto (Testaccio) : connu pour ses pâtes romaines, notamment la cacio e pepe. Les portions sont généreuses, l’ambiance vivante.
- Ristorante Aroma (près du Colisée) : si vous souhaitez marquer le coup avec un dîner gastronomique face au Colisée illuminé. Un budget plus conséquent, mais un décor inoubliable.
Terminez la soirée en marchant une dernière fois à travers le centre historique. Rome, de nuit, se fait plus douce, presque secrète.
Quelques bonnes adresses pour savourer Rome
Parce qu’un voyage à Rome ne se raconte pas sans parler de ce que l’on met dans son assiette, voici quelques repères gourmands :
- Pour le café : Sant’Eustachio Il Caffè (près du Panthéon), Tazza d’Oro (juste à côté), ou des bars de quartier où l’on boit son espresso en 30 secondes, en discutant avec le serveur.
- Pour les glaces : Giolitti (près du Panthéon, institution un peu touristique mais savoureuse), Fatamorgana, Gelateria del Teatro (délicieux parfums et emplacement charmant).
- Pour les pâtes : Da Enzo al 29, Osteria da Fortunata, Flavio al Velavevodetto.
- Pour l’aperitivo : les alentours de Campo de’ Fiori, du ghetto juif ou de Trastevere, avec leurs bars qui proposent planches et antipasti.
N’hésitez pas à vous laisser guider par ce que vous voyez et sentez. Une trattoria peu remplie à 20h peut devenir bondée à 21h. Les Romains savent où bien manger : observez-les.
Conseils pratiques pour un week-end serein à Rome
Quelques détails qui feront la différence pendant ces trois jours :
- Réserver à l’avance : pour le Colisée et les Musées du Vatican, c’est presque indispensable si vous ne voulez pas perdre un temps précieux en file d’attente.
- Prévoir une tenue adaptée : dans les églises et la basilique Saint-Pierre, épaules et genoux doivent être couverts. Un foulard léger ou une chemise ample peuvent sauver la mise.
- Se méfier des attrape-touristes : surtout autour des grandes places. Une règle simple : plus la carte est longue, moins la cuisine est généralement authentique.
- Se lever tôt : Rome appartient à ceux qui arpentent ses rues avant 9h. Vous verrez alors une autre ville, plus silencieuse, plus intime.
- Prendre le temps : ne cherchez pas à enchaîner trop de visites. Laissez des plages de “rien” pour vous asseoir à une terrasse, observer, écrire quelques lignes, ou simplement regarder passer les Vespas.
Au fond, un week-end à Rome, ce n’est pas seulement cocher le Colisée, la fontaine de Trevi ou le Vatican. C’est le bruit d’une cuillère contre une tasse de café, la douceur d’un rayon de soleil sur une pierre vieille de deux mille ans, le sourire d’un serveur qui insiste pour que vous goûtiez son limoncello maison.
En repartant, vous aurez peut-être l’impression de n’avoir fait qu’effleurer la ville. C’est normal. Rome ne se donne jamais tout d’un coup. Elle aime qu’on lui promette de revenir. Et, croyez-moi, vous aurez envie de tenir cette promesse.


